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Colombie : le syndicat mondial de l'éducation, l’Internationale de l’Éducation, condamne les menaces, le harcèlement et les assassinats de syndicalistes

Le Bureau exécutif de l'Internationale de l'Éducation a adopté une résolution condamnant les violations des droits humains en Colombie qui ont entraîné la mort de milliers de syndicalistes.

Les attaques menées depuis une dizaine d’années contre les droits humains et la vie de plus d'un millier de syndicalistes et de militant·e·s sociaux·ales étaient au cœur d'une résolution adoptée aujourd'hui, le 9 décembre, par le Bureau exécutif de l'Internationale de l'Éducation, qui se réunit pour la 56e fois. 
 
Les tentatives des groupes contrôlant le pouvoir en Colombie pour anéantir l'organisation et la mobilisation sociales, réprimer les manifestations et supprimer le droit d'organisation et de proclamation de la validité du système d'enseignement public ont fait des milliers de victimes, dont beaucoup d'éducateur·trice·s activement engagé·e·s au sein de leur syndicat. Depuis 1986, plus de 1100 enseignant·e·s ont été assassiné·e·s pendant le conflit armé, selon la Federación Colombiana de Trabajadores de la Educación (FECODE), une organisation membre de l'Internationale de l'Éducation. Selon l'Institut d'études pour le développement et la paix (Indepaz) de Bogota, plus de 280 dirigeant·e·s sociaux·ales ont été assassiné·e·s en Colombie en 2020. 
 
Une violence incessante 
 
Malgré la signature d'un accord de paix en 2016 entre le gouvernement colombien et la guérilla, la violence se poursuit. Le conflit a pris la forme d'un différend territorial qui a conduit à la persécution et à la stigmatisation des militant·e·s, sans que le gouvernement prenne des mesures pour protéger leur vie et garantir leur sécurité et le libre exercice de leur droit d'organisation et de désaccord. 
 
Les éducateur·trice·s et les dirigeant·e·s sociaux·ales ont été assassiné·e·s uniquement pour avoir fait entendre leur voix pour défendre leurs droits et la validité du système d’enseignement public. Chaque fois que le Bureau exécutif des organisations membres de l'Internationale de l'Éducation en Colombie - FECODE et l’Asociación Sindical de Profesores Universitarios (ASPU) - annoncent une mobilisation pour la défense des droits, des menaces de mort sont proférées à l’encontre des membres de leurs bureaux exécutifs nationaux ou régionaux. 
 
Inaction du gouvernement
 
Selon le Bureau exécutif de l'Internationale de l'Éducation, le président colombien, Iván Duque Márquez, a gardé un « silence complice » face à des milliers de menaces contre la FECODE, l'ASPU et la profession enseignante. Il l'a fait en supprimant ou en refusant les mesures de sécurité pour les dirigeant·e·s syndicaux·les et sociaux·ales, tout en permettant au parti au gouvernement d'attaquer la liberté d'association et les libertés académiques qui sont garanties dans la Constitution.
 
Campagne de solidarité internationale
 
Une importante campagne de solidarité internationale a été menée face à ces menaces. Plus de 60 membres de l'Internationale de l'Éducation ont déjà demandé aux autorités colombiennes de protéger les dirigeant·e·s et les membres des syndicats. 
 
L'Internationale de l'Éducation a appelé ses organisations membres à renforcer leurs revendications pour que le gouvernement garantisse les droits humains ainsi que les droits des syndicats et de la profession enseignante à travailler librement en Colombie.  
 
Le texte intégral de la résolution du Bureau exécutif est disponible ici..
Vous pouvez aussi accéder à la campagne de LabourStart sur la Colombie en cliquant ici.