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Nigéria : Les enseignant·e·s appellent à investir davantage dans l’enseignement public pour lutter contre la montée de la privatisation

Lutter contre la commercialisation de l’éducation Les etudiants avant le profit

Le président national du Nigeria Union of Teachers (NUT), Audu Titus Amba, s’est déclaré préoccupé par la multiplication des écoles privées non réglementées au Nigeria. Ces écoles, dont l’unique but est de faire du profit, compromettent la réalisation d’un enseignement de qualité pour toutes et tous.
 
Amba a participé à un atelier sur la privatisation et la commercialisation de l’éducation au Nigéria, qui s’est tenu le 28 juin à Abuja dans le cadre de la campagne Réponse mondiale de l’Internationale de l’Éducation.
 
« Le NUT réitère sa position contre la tentative éhontée de légitimer l’exploitation de l’éducation à des fins lucratives, » a déclaré Amba. « Cette démarche est contraire à notre quête, à notre désir et à notre engagement, en tant que nation, de fournir gratuitement, à toutes et à tous, une éducation de qualité inclusive et équitable, dans le droit fil de l’Objectif de développement durable n° 4. »
 
Amba a souligné l’obligation du gouvernement de garantir le droit à l’éducation en offrant « une éducation de qualité, gratuite, inclusive et équitable, au bénéfice des enfants et des citoyens de la nation ». Pour y parvenir, l’investissement dans l’enseignement public doit atteindre les taux de financement de référence recommandés au niveau international, soit 6 % du produit intérieur brut (PIB) ou 20 % du budget national destiné à l’éducation.
 
Selon le Dr Dennis Sinyolo, directeur du Bureau régional africain de l’Internationale de l’Éducation, des recherches ont révélé que les lacunes créées par le manque de financement des écoles publiques étaient l’un des facteurs à l’origine de la privatisation et de la commercialisation croissantes de l’éducation au Nigeria. Sinyolo a appelé au renforcement des systèmes éducatifs publics, en particulier en Afrique, grâce à l’investissement dans des enseignant·e·s qualifié·e·s et dûment soutenu·e·s, ainsi que dans un environnement d’apprentissage de qualité.
 
Le directeur général du Conseil d’enregistrement des enseignant·e·s du Nigéria, le professeur Josiah Ajiboye, a insisté sur la nécessité d’accroître le budget de l’éducation et a exhorté l’Assemblée nationale à « veiller à ce que ce besoin se concrétise ».
 
Et d’ajouter : « Ce sont les écoles privées qui sont à l’origine des difficultés que traverse actuellement le secteur de l’éducation. Tous les Nigérians et Nigérianes devraient s’opposer à la commercialisation et à la privatisation de l’éducation car celle-ci est un droit pour chaque enfant. »