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Éthiopie : le syndicat demande la désescalade des conflits militaires et la fourniture ininterrompue d’aide humanitaire

Réaliser l’objectif de développement durable 4 Les droits syndicaux sont des droits humains Démocratie

Dans un communiqué de presse adressé aux médias locaux, l’Ethiopian Teachers Association (Association des enseignant·e·s d’Éthiopie, ETA), affiliée à l’Internationale de l'Éducation, a officiellement appelé à une désescalade du conflit et au retour immédiat de la fin des hostilités, à la suite de la reprise des offensives militaires entre les forces armées fédérales et les forces de défense du gouvernement régional du Tigré. L’Internationale de l’Éducation soutient les éducateur·trice·s, les élèves et les civils des deux parties touché·e·s par le conflit, et exhorte les autorités publiques à garantir la sécurité des élèves, des éducateur·trice·s et de la population, ainsi que la continuité pédagogique.
 
ETA : des répercussions significatives sur les civil·e·s, en particulier parmi les segments vulnérables de la population
 
Le 31 août dernier, L’ETA a souligné « qu’un tel conflit ne répand que des graines de pauvreté, de dissensions générationnelles et de responsabilité historique », et a exhorté les autorités publiques à agir fermement afin de briser cette spirale infernale.
 
De même, la Coalition des organisations de la société civile en Éthiopie (ECSOC) a fait part dans une déclaration, « de sa grande inquiétude » face à la résurgence des hostilités militaires, précisant que « les répercussions sur les civils seraient immenses, notamment parmi les segments vulnérables de la population, à savoir les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées et les femmes présents dans les zones affectées ».
 
L'ETA comme l’ECSOC ont appelé à l’acheminement ininterrompu d’aide humanitaire et à la restauration des services essentiels pour les populations civiles touchées dans la province régionale du Tigré.
 
En vue d’une résolution non violente de la guerre qui fait rage au nord de l’Éthiopie, l’ETA a demandé à l’Union Africaine et à d’autres organisations internationales de remplir le rôle collaboratif qui leur incombe, pour mettre un terme aux hostilités, y compris au conflit armé. Elle a aussi appelé à régler tous les différends armés dans le pays en prônant la non-violence.
 
L’ECSOC a également souligné que les organisations internationales devraient aspirer à rendre possible la cessation immédiate des hostilités sans aucune condition préalable, et a affiché sa volonté de fournir toute l’aide nécessaire en vue de mettre fin au conflit.
 
IE : appel à la fin du conflit armé et au respect des écoles en tant que sanctuaires sûrs
 
« Nous sommes entièrement solidaires avec les syndicalistes et activistes de l’éducation en Éthiopie, au regard du combat qu’ils mènent en faveur d’une désescalade du conflit en Tigré », a souligné Dennis Sinyolo, Directeur du Bureau régional Afrique de l’Internationale de l’Éducation. Et d’ajouter que de tels conflits armés sapent le droit des enfants à l’éducation. Il a signifié que les écoles et les établissements d’enseignement doivent rester des havres de paix.
 
Sinyolo a fait référence à la Résolution sur la détérioration de la situation sécuritaire en Éthiopie adoptée en novembre 2021, par le Comité Régional Africain de l'Internationale de l'Éducation (CRAIE). Dans ce document, le CRAIE soulignait son inquiétude quant à « la détérioration de la situation en Éthiopie qui a entraîné des déplacements massifs et forcés et la perturbation du système éducatif dans le pays ».
 
Il déplore aussi que les combats impliquant l'Armée fédérale éthiopienne et les forces du Front de Libération du Peuple du Tigré (TPLF) produisent « des effets dévastateurs sur les enseignantes et enseignants, les personnels de soutien à l'éducation, les élèves, leurs familles et l'ensemble du système éducatif de la région, tandis que les écoles restent fermées en raison du conflit ».
 
En conséquence, le CRAIE a exhorté le Gouvernement éthiopien, l’Union Africaine, les groupes armés en Éthiopie, ainsi que les Nations Unies et la communauté internationale, à « prendre des mesures urgentes pour instaurer la paix et la sécurité dans le pays, et créer des conditions propices à l'enseignement et à l'apprentissage dans tout le pays ».
 
Il a souligné que « de telles actions nécessitent de proscrire l’utilisation des écoles et autres établissements d'enseignement comme bases militaires et faire en sorte qu’ils soient des sanctuaires sécurisés, et d’impliquer l’ETA pour suivre la situation et aider les enseignantes et enseignants à jouer leur rôle en toute sécurité ».
 
Sinyolo a également évoqué la Résolution relative aux attaques contre les écoles en Afrique adoptée lors du Congrès mondial 2019 de l’Internationale de l’Éducation, qui met en exergue le fait que « sans accès à l'éducation, une génération d'enfants dans les zones en conflit grandira sans avoir les compétences nécessaires pour contribuer au développement de leurs pays et de leurs économies, aggravant ainsi la situation déjà désespérée de millions d'enfants et de leurs familles dans la région. De même, ils ne pourront pas accéder à un emploi décent à l'âge adulte ».
 
Toile de fond
 
Il y a eu une résurgence des hostilités entre l’armée fédérale et les forces de Tigré, le 24 août, à la suite d’une trêve humanitaire de six mois. Chaque partie reproche à l’autre d’être à l’origine du conflit et d’attaques à son encontre.